Accueil Date de création : 28/08/09 Dernière mise à jour : 29/11/11 14:01 / 80 articles publiés

Pourquoi Twitter et pas un autre ?  posté le mercredi 11 novembre 2009 08:55

Pour répondre au commentaire de Flessard qui me demande pourquoi j'ai choisi Twitter plus qu'un autre média, un autre moyen de com', un autre espace de stockage :

Je n'ai pas choisi Twitter, c'est Twitter qui s'est "imposé" à moi. C'est en découvrant ce média que j'ai eu l'idée de l'utiliser expérimentalement avec ma classe. C'est la rencontre entre deux pôles attractifs et réceptifs: Twitter qui m'a semblé riche et cette classe curieuse de tout ce que je leur présente.

J'avais uniquement testé en fin d'année dernière avec cette classe Facebook comme je l'ai déjà expliqué ici : l'échange m'avait plu mais pas le mélange, de fait, entre vie privée et vie publique. Ils n'utilisent leur compte twitter que pour une pratique avec la classe et avec l'équipe pédagogique.

Twitter me semble avantageux sur plusieurs points:

- les messages sont émis et reçus en instantané

-Le réseau social engendré par les followers et following permet échanges, mutualisation, débats....

-les 140 caractères maximum permettent une production d'écrit synthétique et précise mais qui sont extensibles et donc pas limitatives si on y ajoute un lien

Hormis ces aspects techniques et pratiques, l"utilisation de Twitter me permet d'initier mes élèves à un réseau social/ média du web qu'ils ignoraient jusque là. Je suis là dans une démarche éducative.

L'éducation aux médias est aussi très riche avec Twitter: c'est un média de plus en plus utilisé mais pas encore totalement maîtrisé par celui qui l'emploie. Les couacs, les erreurs, les dérives sont encore fréquentes et fort médiatisées (cf : Twitter lors du procès Clearstream ou C. Estrosi alpagué au sénat). Autant de supports qui me servent pour les éduquer aux réseaux sociaux du web (éducation aux médias qu'ils testent en classe avec Twitter et qu' ils appliquent dans le privé avec Facebook).  

Twitter est très simple d'utilisation et ne demande pas à l'enseignant des compétences informatiques pointues. C'est une des principaux freins à l'utilisation des TICE dans l'enseignement : le prof pense qu'il n'a pas assez de compétences pour pouvoir les pratiquer aisément en classe. Former les élèves à Twitter est aussi très simple .

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Twitter en classe: une séquence de frnaçais pour Tweeter pendant leur stage  posté le mercredi 04 novembre 2009 17:40

 

 

 

Les élèves de la classe twitteuse partent en stage à partir de la mi-novembre pour un mois. Un mois en pleine immersion professionnelle en coupure totale avec le lycée et les cours comme je l'ai déjà écrit.
Il me reste  avec cette classe 8 heures de cours avec eux avant cette rupture. Je vais les employer à une séquence de français. J'ai cherché et imaginé une séquence pouvant intégrer Twitter et qui aurait un prolongement lors de la période de stage.
La séquence portera sur le texte autobiographique. Nous avons déjà abordé ce genre l'année passée et c'est pourquoi je peux en faire une courte séquence cette année.

S1: caractériser le genre

S2: pourquoi et comment parler de soi

S3 : les formes dérivées de l'autobiographie: le journal, les mémoires, l'autofiction

J'insère quelques applications Twitter au long de cette séquence

a) en amont: demander aux élèves qui voudront via @laderniereannee de twitter des courtes biographie des auteurs qui vont étudiés dans cette séquence (j'ai tweeté pour le moment 3 auteurs) . A chaque biographie proposée, je demande des précisions, je propose aux autres élèves de la compléter.

Les objectifs sont:

- les inciter à faire des recherches personnelles hors temps de classe

- les amener à rédiger à l'écrit : pour les néophites,les 140 caractères de Twitter paraît trop réducteur. Je pense (pour le pratiquer moi-même personnellement!) que Twitter oblige à structurer, synthétiser sa pensée. C'est un exercice difficile mais formateur pour mes élèves. Surtout que je ne leur autorise pas le langage sms, uniquement les abréviations comme déjà écrit ici.

-les amener à partager, échanger, augmenter leurs recherches: ce n'est pas une recherche personnelle et unique: c'est un agrégat de connaissances acquises qui sont mutualisées.

-Ces recherches se font hors du temps de classe: c'est un gain de temps pour moi et pour eux en cours.

 

b) Pendant la 1ère séance: ils ont des recherches à faire au CDI sur BCDI sur des œuvres autobiographiques. Je les laisse en autonomie sur ordinateur, dans les rayonnages du CDI. Ils ont à tweeter le résultat de leurs recherches (quel livre autobiographique trouvé, choisi, les raisons de ce choix, les critères autobiographiques de cette œuvre etc). Ils évoluent ainsi seuls, dans le silence, en autonomie totale. Je suis tout comme ma collègue documentaliste sur poste et nous pouvons lire, commenter, approfondir, réorienter leurs recherches selon leurs tweets. Ca n'empêche pas nos circulations parmi les élèves. Twitter est un plus pas un remplacement de notre pédagogie habituelle et classique. La restitution directe par tweet de leurs recherches et de leur travail (la preuve en a déjà été faite) les oblige à une assiduité en continue. Ca me permet de contrôler qui travaille ou pas, qui travaille lentement, très rapidement et d'adapter ma pédagogie à leur rythme.

c) En aval de la séquence et pendant leur période de stage

Pour une application de cette séquence sur l'autobiographie, les élèves vont avoir à rédiger à la rentrée un texte autobiographique sur leur période de stage. Ce texte intitulé "chroniques d'un élève en stage" demande une prise de notes régulière sur leur ressenti pendant leur stage. L'expérience montre qu'ils coupent tout rapport à leurs cours d'enseignement général sur cette période. Je souhaite utiliser Twitter pour maintenir ce lien. Ils vont ainsi avoir à tweeter régulièrement une prise de notes autobiographique.

Cet exercice permettra:

-qu'ils continuent à rédiger (même si ce sont des tweets) pendant cette période

-qu'ils fassent un lien entre professionnel et enseignement général

-qu'ils gardent le reflex (encore fragile) de tweeter et de consulter leur twitter: ça nous permettra, nous enseignants de leur transmettre des infos de vie scolaire, des infos sur leurs stages (rappeler les visites de stage, les docs à compléter, les compétences à acquérir)

- de ne pas attendre le dernier moment pour rédiger leur rapport de stage et prendre des notes pour la production d'écrit autobiographique à rédiger en janvier.

- de pouvoir échanger entre élèves et entre élève/ prof (s) sur leur expérience, de se soutenir sur cette période qui peut être délicate où certains perdent le repère essentiel que leur apportent le lycée, l'équipe pédagogique et le groupe classe: rompre l'isolement.

Que doivent-ils tweeter? Ils auront à choisir avant de partir quel type d'écrit autobiographique ils auront à produire: journal, mémoires, autofiction. Je leur ai préparé un tableau récapitulatif des compétences imposées par chaque type et à quel profil de twitterer il correspond. Par exemple: l'élève qui choisit de rédiger un journal doit pouvoir tweeter chaque jour: le journal est quotidien, régulier, non retrospectif. L'élève qui n'a pas accès à Twitter facilement, qui n'a pas envie de beaucoup tweeter choisira plus l'autofiction ou les mémoires ...etc.  A partir de ce choix, ils auront à tweeter avec plus ou moins grande fréquence leur expérience, leur ressenti ..etc.

Education aux médias

 Je vais aussi profiter de cette application pour aborder un point essentiel d'éducation aux médias et en particulier aux réseaux sociaux: peut-on tout écrire? Que pourront-ils tweeter de leur lieu de stage, de leur maître de stage, de leur ressenti?

 

 

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Twitter en classe: vacances = rupture ou renforcement du réseau?  posté le lundi 02 novembre 2009 22:02

 

Tweeter or not tweeter pendant les vacances?

Le twitter de classe le temps de ces congés n'a pas été très actif. J'ai restreint les tweets parce que notre lien principal (unique?) est le travail de classe. Je croyais les élèves totalement inactifs de leur twitter mais par un test en milieu de semaine, il s'avère que la moitié des élèves a consulté régulièrement le twitter @laderniereannee « par curiosité », « pour ne pas manquer quelque chose au cas où » , « pour avoir les notes d'évaluation » ...

 

Plusieurs applications du twitter de classe pendant les vacances:

 

a) Diffusion des notes d'évaluation via Twitter:

Ils attendaient surtout avec impatience leurs notes d'évaluation de géographie et de maths. C'est chose faite en géo depuis samedi.

Je précise que c'est bien sûr avec l'accord unanime de la classe que je diffuse leurs notes, seulement avec leurs initiales et que je les efface au fur et à mesure de leur consultation (s'ils me mettent un tweet ou un Dm pour me notifier leur lecture). J'avais commencé en début d'année par un tweet ou un DM adressé à chaque élève avec sa note mais ça pose problème: c'est très long de taper chaque adresse (qu'ils ont choisi compliquée pour la plupart! = c'est à revoir? Oui et non. Oui pour la simplicité de l'identification, Non car ils se sont vraiment appropriés leur compte).

Si je n'avais pas eu l'accord unanime de la classe sur cette diffusion, j'aurais envoyé par DM les notes à ceux qui souhaitaient

Pourquoi leur donner leur notes via Twitter?

  • parce que j'en suis toujours à solliciter leur curiosité à consulter Twitter et que connaître sa note reste pour l'élève sa quête du Graal ! C'est donc un « appât »: ils consultent de fait le reste des tweets, y répondent, participent..etc. Le réseau reste actif. Pour le moment maintenir de tels liens est encore nécessaire.

  • Je fais des commentaires « à chaud » sur leurs productions.

  • Ils ont eux aussi fait des commentaires sur leurs notes et mes appréciations (collectives). La prochaine évaluation de géographie aura lieu au retour des vacances: je n'aurai qu'une heure avant l'évaluation pour faire la correction du devoir précédent et faire un bilan. Avoir leurs notes et appréciations pendant les vacances leur permet de recentrer leur travail de révisions pour préparer l'évaluation.

Twitter me permet ainsi par l'attrait qu'ils portent à la note de les inciter à réviser et ne pas trop couper avec leur travail scolaire pendant ces congés de Toussaint. Ils sont en préparation de leur bac: en plus des vacances scolaires, leur année est entrecoupée de longues périodes de stage qui les coupent littéralement de toute progression scolaire (en particulier avec l'enseignement général). J'espère que Twitter va permettre de tisser, préserver un lien comme une piqûre de rappel lors de ces ruptures.

 

b) Critiques de film

 

Je les ai incité avant et depuis le début des vacances à tweeter sur des films qu'ils ont envie de voir/ sont allés voir. Petit exercice avec plusieurs objectifs:

  • les inciter à tweeter et pas uniquement comme une réponse à un de mes tweets (ou ceux de leur prof d'anglais)

  • les inciter à s'exprimer: non seulement ils annoncent le film mais ils en font une critique rapide et argumentée: l'argumentation représente une des séquences fondamentale du programme de français en bac pro. Évidemment 140 caractères ne suffisent pas à un argumentaire construit et développé. Mais il permet l'énonciation du thème, de la thèse et d'au moins un argument. On est ici en pleine structuration de la réflexion argumentée.

  • Twitter devient un espace d'échanges culturel: c'est une des fonctions principal que je tends à développer.

    Concrètement: plusieurs élèves ont tweeté des infos, des critiques cinématographiques. Des échanges ont eu lieu via twitter sur ces films. A noter qu'une élève a tweeté sur le film « Fame »: elle a commenté les paysages urbains new-yorkais aperçus dans ce film comme nous l'avons fait en cours avec le parallèle : paysages urbains américains/ paysages des séries TV. Elle a donc utilisé Twitter pour réinvestir des notions vues en cours.

 

Le bilan est donc positif:

  • le lien n'est pas rompu

  • c'est un espace d'échanges et d'expression

  • c'est un espace où ils savent pouvoir nous (enseignants) trouver si besoin

    Je ne souhaitais pas un échange assidu:

  • vacances veut dire pour eux (comme pour moi!) cultiver une rupture, un repos.

  • Ne pas exclure comme d'habitude les élèves qui n'ont pas un accès facile et quotidien à une connexion internet. A noter qu'un des 4 élèves qui n'a pas cet accès a été un des plus assidus en tweets pendant ces vacances !

     

     

 

 

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twitter en classe: ou des CRITIQUES DES TICES usées par l'enseignant ?  posté le mardi 27 octobre 2009 18:21

 

b) ou des CRITIQUES DES TICES usées par l'enseignant ?

Les critiques énoncées par @desormiere ont été au delà de mon intégrité d'enseignante et de mon expérimentation de Twitter pour glisser plus généralement sur l'usage des TICE en classe.

- Cette twiterienne et blogueuse assidue (!) dénonce un usage outrancié des Tices et de façon plus générale de toutes les technologies dites modernes (console de jeux, téléphones portables...) «vous n'êtes pas choqué de ces gens dans la rue qui ne se sourient plus car ils ont l'oreille collée à leur prothèse? ».

Je n'entrerai pas dans ce débat que je trouve d'un autre âge et pourtant si récurent. Pourquoi tout ce qui est nouveau fait peur? Après l'électricité, le chemin de fer... http://vendredi.info/2009/09/06/la-france-a-peur-dinternet-au-jt-de-20-heures/ : en voilà un florilège pour Internet !

Lire que « l'enseignement des humanités me semble plus riche pour le devenir adulte de l'enfant que celui des nouvelles technologies » me semble être un débat obsolète. Pourquoi doit-on opposer tous les enseignements? En 150 ans, les matières enseignées à l'école se sont largement diversifiées (même si on en revient à la priorité aux « fondamentaux » en élémentaire..) et enrichissent les élèves, les ouvrent à la culture et au monde.

  • A quoi sert l'usage d'internet, de twitter etc en classe?

« taper sur un clavier avec deux doigts, scotché à son écran vous semble-il une activité fine, structurante, socialisante? »

« c'est cela que vous voulez comme monde? des gens concernés par l'info sur l'écran et absents à la vie sous leurs yeux??? »

« C'est précisément de ce monde là, scotché à l'écran et si loin de la vraie vie que nous ne voulons pas pour nos enfants »

Je vois dans ces critiques un déballage d'idées préconçues sur ce qu'un enseignant peut réaliser en classe et ce que des élèves peuvent réaliser comme production. C'est donner peu de crédit à chacun.

Doit-on interdire l'usage de l'ordinateur, d'internet en cours sous prétexte que les élèves en usent déjà beaucoup personnellement? Une telle affirmation est erronée car seulement 5O % des foyers français sont équipés d'ordinateur et internet. L'école permet et se doit de ne pas accentuer l'e-exclusion. De plus, quitte à ce qu'ils en usent beaucoup, autant utiliser cet usage avec deux objectifs:

a) utiliser leurs savoir-faires, les partager, accepter qu'ils en sachent parfois plus que nous (n'est ce pas cela qui dérangerait les détracteurs des TICE?). Comme le note @fmeichel : «je pense justement que cette proximité confère une forme d'autorité ! ».

b) les éduquer à une utilisation citoyenne de ces nouveaux moyens de communication et d'information

«On» se plaint depuis plusieurs générations que les jeunes n'écrivent plus, ne communiquent plus, ne s'intéressent pas à l'autre, ne s'informent plus, ne se cultivent plus. Internet (et entre autres Twitter) permet tout cela à la condition que nous soyons, enseignants ET parents, en constante position d'éducateur et de modérateur. @fmeichel a ajouté: «Tout ce qu'ils construisent ici et ailleurs leur sert justement a éviter pièges, a ajuster pratiques en permanence, a s'épauler ». Exclure l'usage d'internet en cours, ce serait se défausser de l'éducation à un des axes majeurs de notre société actuelle. Nous avons cette chance et ce recul là que les générations précédentes n'ont pas toujours pu avoir: qui parmi les sexagénaires ont pu recevoir une éducation à la télévision quand elle est apparue dans la société?

@Desormiere craint «pour ce monde l'assujettissement à la technologie ». Un twitterien lui a répondu «  refuser les TIC c'est refuser autrefois l'imprimerie ».

Comme il le dit aussi « les « élèves d'aujourd'hui auront demain un métier qui n'existe pas encore.... »

 

Je finirais ainsi cette réflexion avec les mots de @marioasselin « Mais bon… ce n’est pas une science exacte et à ce stade-ci, mon «expérience» de cette forme d’apprentissage vaut probablement celle des autres » (http://carnets.opossum.ca/mario/archives/2009/10/twitter_capteur_attention_constructeur_apprentissage.html)

Il n'y a aucune vérité dans mes propos, seulement une expérimentation de l'usage d'un web-média avec une classe par qui le projet est né. Et comme toute expérimentation, je ne sais pas où elle NOUS mènera, équipe pédagogique et groupe classe. Continuez vos critiques constructives en commentaires ici ou sur mon twitter personnel @frompennylane !

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Critique de l'enseignant usant des TICE ou critique de l'usage des TICE ?  posté le mardi 27 octobre 2009 18:01

 

Critique de l'enseignant usant des TICE ou critique de l'usage des TICE ?

En parcourant tous les tweets émis hier (principalement entre @desormiere @alozach et @fmeichel) je situe les critiques sur à la fois l'enseignant usant des TICE et sur l'usage des TICE.

 

A. Critiquer l'enseignant qui use des TICE et en particulier de Twitter en classe:

  • L'enseignant qui porte un projet de twitter en classe est accusé d' « entrainer des mineurs, sous quelque projet fumeux que ce soit » et prouve « une dérive grave dans l'usage de technologies trop jeunes pour être testées sur des jeunes ».
    La jeunesse de mes élèves interdit-elle toute expérience pédagogique usant de Tice? La remise en cause de l'intégrité de l'enseignant « face à un public mineur » m'est ici intolérable. Là encore l'aval de l'institution me protège et protège tout enseignant qui aura présenté de façon officielle son projet. Institution elle aussi largement critiquée par @desormiere qui clame que « autoriser au prétexte de l'expérimentation est grave. Autant que d'expérimenter un médicament sur personnes non consentantes ».

  • Un triste portrait de l'enseignant qui use des TICE est ainsi dressé : »celui qui se la joue jeune, tripote son téléphone en classe pour envoyer des MSN » (je suppose des SMS plutôt que des MSN). Un portrait de l'enseignant idéal a par contre été dressé: « le prof préféré des ados?Celui qui ne parle pas de sa vie,les écoute,les passionne,ne crie pas,aide les plus défavorisés ». Peut-on cumuler ces qualités et pratiquer les TICE simultanément? Sans chercher, loin de là, à être « leur prof préféré » (cet attribut n'est pas noté dans ma mission de prof), j'aspire en plus de l'usage des TICE à avoir ces qualités en classe.

A l'heure où on s'inquiète comme dans cet article des échos de la démotivation des enseignants du second degré (http://www.lesechos.fr/info/france/020190949962.htm?xtor=RSS-2010), pourquoi pointer du doigt des enseignants qui sont encore motivés pour construire des projets et des expériences innovantes avec leurs élèves?

 

B. Quelle légitimité ai-je à utiliser Twitter en classe?

 

Une des plus virulentes critiques formulées par @desormiere a été que je n'avais aucune légitimé à utiliser Twitter en classe. Elle reprend mes propos : « Pennylane avoue précéder ses élèves d'un "petit mois" dans la connaissance de twitter ».

Je ne l'ai jamais caché effectivement: j'ai un compte Twitter depuis mai, je l'utilise avec fréquence depuis le mois d'aout . Si @desormiere critique une possible addiction à Twitter, je réponds que c'est en forgeant qu'on devient forgeron. Je ne m'estime pas spécialiste mais je pratique pour me former. C'est une des grandes qualités de Twitter: on se crée un réseau de discussion, d'échanges, d'entre-aide très enrichissant, gratuit (dans tous les sens du terme). On enrichit l'autre sans s'appauvrir.

Comme il a été tweeté par @lannoy29 (via@MarioAsselin): c'est tout le charme de Twitter : l'essence d'une pensée dans une bouteille à la mer numérique"

Ai-je dés lors assez de recul et d'expérience pour présenter un tel projet à mes élèves? Les plans de formation proposés et imposés aux enseignants prouvent que nous ne serons jamais totalement spécialistes de nos enseignements (mais qui est assez spécialiste pour se targuer de ne jamais avoir besoin de formation?). Nous sommes en constante formation, constante remise en cause de nos savoirs et nos savoir-faires. C'est la richesse de notre métier comme de toutes les professions d'ailleurs!

Ne pas avoir finalement beaucoup plus d'expérience que mes élèves est un sacré avantage pédagogique. En lycée professionnel, la relation enseignant-élève est particulière. Nous ne nous posons pas en « détenteurs de savoirs absolus ». Comment pourrais-je me targuer d'un tel titre face à des élèves qui maîtrisent les techniques de vente, la couture, la cuisine, la comptabilité, la logistique des transports alors que je n'y connais rien? C'est une vraie richesse de pouvoir dire : « apprenons ensemble, apprenez moi ». Certains de mes élèves très curieux ont exploré certaines applications de Twitter qui me sont encore inconnues. Ils m'ont montré, expliqué. La transmission du savoir doit-il être uniquement vertical? Lorsque j'ai présenté le projet Twitter à cette classe, je leur ai expliqué qu'il s'agissait bien d'une expérimentation d'un usage d'un web-média. Une expérimentation que nous allions mener ensemble, que ça impliquait des réussites, des échecs, des tâtonnements. Ils savent être suivis via @laderniereannee par bon nombre de « spécialistes » des TICE. Ils ont tweeté lors de mon atelier des rencontres TICE académiques à ma demande pour être observés par mes auditeurs. Ils m'ont demandé le lendemain mes impressions sur cet atelier.

Alors quand je lis « Est-il éthique de mener une expérimentation sur des élèves avec un outil que l'on découvre? » , je réponds que oui. Que BIEN SUR c'est à maîtriser, à réfléchir. Pour pouvoir vivre cette expérience au jour le jour avec mes élèves, je développe un travail personnel bien au delà de mon temps payé d'enseignant.

Comme a répondu un twitterien, "  les profs n'ont pas d'experience dessus... et les ENT débarquent dans tous les etablissements!" .

Le même twitterien a écrit : il faut guider les profs dans la gestion de l'e-identité (tout comme les eleves) aider, instruire et pas interdire".

 

 

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