Accueil Date de création : 28/08/09 Dernière mise à jour : 29/11/11 14:01 / 80 articles publiés

Twitter : outil d'évaluation des savoir-faire et savoir-être des élèves  posté le mercredi 03 février 2010 15:17

  Twitter a pris depuis la rentrée de janvier une place essentielle dans ma pédagogie avec la classe tweeteuse. Pour accélérer le rythme de travail et d'implication des élèves, je les sollicite beaucoup en et hors cours sur Twitter.
L'interaction du réseau fonctionne très bien et de manière intensive. La question de la viabilité du réseau et de l'intérêt de l'expérience ne se posent plus. Nous sommes dans une phase active. 

Cette semaine, j'ai fait entrer les élèves dans une 3ème phase de rapport à Twitter : celle dans laquelle Twitter devient est un critère d'évaluation.

Les élèves ont trois objectifs à atteindre dans un délai très court:

-obtenir leur bac

-obtenir une mention à leur bac (qui leur facilitera l'entrée en BTS)

-obtenir une entrée au BTS

Je leur demande depuis la rentrée de janvier une implication beaucoup forte et un travail en classe et hors classe beaucoup plus intensif. Si j'ai peu de doutes sur leur obtention du bac, la mention et le BTS sont loin d'être acquis. Seuls l'implication, la motivation, l'organisation et le travail leur permettront peut-être d'y accéder.

Je leur ai donné pour évaluer leur niveau, une grille de savoir-faires où Twitter a une place prépondérante. Twitter n'est qu' un outil mais permet d'évaluer toutes les attitudes que je demande à mes élèves: celles qu'ils doivent développer pour avoir les moyens de leurs ambitions (bac avec mention et poursuite d'études).

A chaque fin de semaine, leur sera désormais distribuée une grille avec des items qui leur permettra de s'auto-évaluer (jamais-rarement-parfois-souvent-tout le temps) : les items ne changeront pas mais d'autres pourront être ajoutés.

Extrait de la grille :


Extrait de la grille : (le tableau se présente mal sous blogspace: si quelqu'un le veut, je transmets par mail)

Avant le cours

jamais

rarement

parfois

souvent

Tout le temps

Avt le cours: j'ouvre mon twitter pour voir s'il y a des infos sur le cours

 

 

 

 

 

Pendant le cours

 

 

 

 

 

Pdt le cours: je tweete sur le temps donné

 

 

 

 

 

Après le cours

 

 

 

 

 

je consulte régulièrement Twitter pour lire s'il y a des infos complémentaires au cours

 

 

 

 

 

je pose des questions sur Twitter sur le travail à produire si j'ai des difficultés

 

 

 

 

 

je consulte régulièrement Twitter pour suivre les questions/réponses des autres élèves sur le travail à produire

 

 

 

 

 

je consulte régulièrement Twitter pour répondre/aider les autres élèves si je le peux sur le travail à produire

 

 

 

 

 

 

Une première auto-évaluation a été faite hier et nous avons vu pour chacun ses faiblesses et ses points forts.

A noter que la grille s'avère fidèle au profil de travail et d'implication de l'élève tel que je l'ai déjà établi. L'usage de Twitter permet donc des critères d'évaluation fiables.

Utiliser Twitter comme outil d'évaluation me permet de prendre en compte l'élève dans sa globalité et non plus sur son seul travail de classe évalué par une note. IL permet d'évaluer le travail et surtout l'implication personnelle, l'intégration à un groupe-classe, la capacité à mutualiser ses savoirs et ses connaissances et à prendre ceux offerts par les autres = ce sont les compétences qu'on leur demande en stage professionnel  et que ceux qui travailleront dès la fin de leur bac devront développer. Twitter rejoint ici leur formation professionnelle.

Voilà compilés dans un tableau ce que l'utilisation de Twitter doit permettre de concrétiser comme savoir-faire et savoir-être pour chaque élève : 

Périodicité

Ce qui est tweeté

Objectif / élève

Avant le cours

Titre de la séquence/ titre de la séance

Je me replace dans le contexte du cours : gain de temps sur l'heure de cours = dès le début du cours, je suis connecté avec la séquence en cours

Avt le cours

Recherche de définitions

Je fais le travail personnel demandé et je me prépare au thème abordé dans la prochaine séance

Pendant le cours

L'élève doit tweeter un plan de la trace écrite synthèsisant la séance

Je respecte le temps imparti sur la séance pour produire un écrit = je produis obligatoirement et c'est vérifiable / implication de tous les élèves et suivi facilité pour l'enseignant

je mutualise ma production= je partage mon savoir

je le soumets à la critique de la classe= je ne produis pas que pour moi et je fais attention à ce que je produis (forme et fond)

 

Après le cours

L'enseignant et / ou des élèves tweetent des informations complémentaires au cours: renvoi à des liens

Je complète ma culture générale

j'approfondis le cours: je ne me contente pas de ce que je reçois en cours, je suis acteur : je propose, je mutualise, je recherche, je prends des compléments d'information

Après le cours

Un travail maison est à rendre pour le prochain cours : un rappel est tweeté

- Je veille les tweets: je n'oublie pas le travail à fournir, les délais. Si j'ai été absent, je m'informe du travail à faire et de ce qui a été fait en cours.
- Si j'ai des difficultés dans la réalisation du travail à fournir, je pose des questions, je sollicite de l'aide (du professeur et des élèves)

Après le cours

Un élève tweete une question

- Je la lis avec attention: ça me renseigne et évitera que je pose la même = je m'inscris dans un groupe

- Si je peux y répondre, je le fais = je partage mon savoir et mes compétences

 

 

 

lien permanent

Twitter en classe: autonomie, individualisation, motivation, implication ...  posté le mardi 26 janvier 2010 19:20

 

 

Plusieurs axes de l'utilisation de Twitter se développent et se consolident depuis la rentrée de janvier. Au premier semestre, le réseau se mettait en place et les élèves qui n'ont pas internet personnellement étaient encore exclus du processus.

Depuis la rentrée de janvier, je n'envisage plus cette "excuse": ils ont accès facilement et quotidiennement à des ordinateurs au lycée. Je donne des informations, des consignes  qui ne sont jamais "du jour au lendemain" ou si c'est le cas, je demande aux élèves qui consultent leur Twitter tous les jours de relayer l'information oralement. Ce système fonctionne très bien et favorise les échanges entre élèves.

J'utilise Twitter comme support complémentaire à mon cours:

Il ne reste que 10 semaines avant leur examen final en juin. Le programme est vaste et nous devons accélérer le rythme (après un 1er semestre de mise en place et de méthodologie).

A) En amont: je tweete les séances à venir: les objets d'étude, des définitions à chercher, (comme je l'ai expliqué dans un post précédent). Au delà, j'intensifie ce travail obligatoire par des liens complémentaires à consulter: les élèves vont bientôt constituer leurs dossiers de poursuite d'études pour des BTS: un niveau d'études difficile pour eux tant pour y accéder que pour tenir le rythme de travail. Je ne peux pas en cours impliquer tous les élèves sur cet objectif: certains n'ont pas cette ambition ou les moyens de l'avoir: Twitter me permet là d' invidualiser le travail personnel de chaque élève. Selon ses moyens, ses ambitions, son envie, l'élève peut accéder à plus de savoirs. Libre à lui de l'exploiter. J'ai fait remarquer à ceux qui souhaitent une poursuite d'études que je prendrai en compte leur implication hors temps de classe sur Twitter pour leur dossier. Twitter est un bon indice de leur motivation.

 

B) Sur le temps de classe

Aujourd'hui, Twitter m'a permis d'évaluer leur travail, d'individualiser mon cours et d'autonomiser les élèves.


Situation: les élèves avaient à rédiger le plan d'une synthèse d'un cours d'histoire. Je constate en commençant mon cours que (comme toujours) un bon 1/3 des élèves n'a pas fait le travail demandé.

Dans un cours « traditionnel » : je n'aurais pas pris en compte le non travail de ces élèves. J'applique ma politique avec ces élèves de classe terminale « vous ne travaillez pas pour moi mais pour vous ».

Mais ce discours n'apporte rien de constructif (si ce n'est la responsabilisation de l'élève à ses actes): peu à peu ils se démotivent et se détachent du peloton. Certains ne sont pas prêts à se responsabiliser et moi, ça tend à ne focaliser que sur les élèves motivés.

Aujourd'hui, j'ai appliqué une autre stratégie :

-ceux qui n'avaient pas faire le plan ont dû le faire en cours et ont dû ensuite le tweeter

-ceux qui l'avaient fait ont tweeté leur plan et ont commencé le TP suivant en autonomie

J'ai pu adapter ainsi mon cours: j'ai lu en direct les synthèses, je les ai commenté individuellement et les élèves ont eu directement leur corrigé propre. Ils ont pu réagir, corrigé, modifié leurs plans.
Tout cela dans le silence qui n'a gêné personne.
L'élève est donc autonome dans son travail (nous avions établi à la séance précédente une feuille de consignes pour étudier un TP) et reçoit une assistance individualisée à son travail. Les élèves qui ont le plus de difficulté mais qui sont très consciencieux usent beaucoup de cette individualisation. L'interactivité est forte grâce à Twitter.

Les élèves qui n'avaient pas faire leur travail personnel avant le cours ont dû rédigé et tweeté rapidement leur plan de synthèse: le constat est clair, les plans sont peu réfléchis et construits. Comme je leur demande de le tweeter, il y a une certaine vexation à ne pas présenter à toute la classe un travail de qualité (alors qu'ils en sont largement capables: ce sont souvent les plus brillants qui sont les plus feignants !) Ils ont dû aussi commencer leur TP comme les autres mais auront à le finir en travail personnel à la maison. Ils accumulent dès lors retard, surcroît de travail et ne bénéficie pas de la correction individuelle en direct sur leur travail.

A noter que cette interactivité est possible en effectif réduit: avec 15 élèves (je les ai en groupe) c'est facile. A 30 en classe entière, il est vite impossible quand ils tweetent tous au même moment de suivre leurs écrits et surtout d'y répondre.

Sur l'heure suivante où je les retrouvais en classe entière, ils ont tweeté leur nouveau plan de synthèse, je les ai lu au fur à et mesure mais je me suis restreinte à des commentaires oraux: commentaires leur rappelant les consignes, leur donnant des informations supplémentaires etc. Aucun tweet qui aurait été noyé.

C) Après le cours, j'ai commencé une correction de chaque plan tweeté. J'aurais pu leur demander sur papier mais grâce à Twitter, dès ce soir, ils auront la correction individualisée de leur synthèse et un bilan global: des conseils pour chacun mais lisibles par tous. Twitter met en commun leurs productions: il y a valorisation de leur travail (je ne travaille pas que pour moi ou pour la prof): chacun s'enrichit, apprend, comprend mieux grâce à l'autre (et pas uniquement grâce à la prof) = l'apprentissage n'est pas que vertical, il poursuit son horizontalité.


D) En aval: je ne les revois en cours que vendredi désormais. Jeudi je ne serai pas en cours (puisque je présenterai Twitter en classe à une délégation d'IGEN, j'en reparlerai bientôt !) avec eux mais je leur ai demandé de tweeter un nouveau plan de synthèse d'histoire d'ici à jeudi soir. Ainsi, ils ont le temps de rédiger leur nouveau TP et de tweeter leur plan. Et moi j'ai accès directement à leur travail sans avoir à repasser par le lycée et organiser un ramassage de copies.

Twitter renforce ainsi l'autonomie, la motivation, l'implication de l'élève, l'individualisation de mon cours à l'élève: je peux évaluer compétences et savoirs de chaque élève avec plus de précision.

 


lien permanent

L'élève acteur et pourvoyeur de savoirs  posté le mercredi 20 janvier 2010 23:09

J'ai déjà abordé ici un aspect de Twitter en classe que je tiens à développer: j'attends de ce média qu'il favorise la communication verticale (prof-élève)  mais aussi horizontale (élève-élève).
Si c'est moi qui tweete le plus, il arrive régulièrement que les élèves tweetent entre eux. Ils utilisent ce média pour échanger uniquement sur ces questions de cours et de vie scolaire.

Je souhaite favoriser cette communication horizontale entre les élèves de la classe et Twitter en est un bon outil.

Ca s'est révélé par une situation récente: Pour préparer une séquence d'histoire, j'ai tweeté des définitions, des notions qu'ils avaient à chercher

[ c'est un aspect très positif de l'utilisation de Twitter : je prépare mon cours avec peu d'avance et je peux leur donner un travail préparatoire sans forcément les voir en cours pour ça. Ils restent connectés au cours et à sa progression : à mon arrivée en cours, ils savent et se souviennent déjà quel va être le sujet d'étude ]

J'avais donné comme consigne de chercher et noter ces définitions pour le cours suivant mais une élève a tweeté directement les réponses là où je souhaitais qu'ils les notent sur leurs cahiers ! J'ai failli réagir sur Twitter mais il était trop tard, les tweets étaient publiés.

J'ai d'abord vu une consigne mal formulée de ma part et un couac qui allait faire que les autres élèves n'allaient pas faire le travail personnellement.
J'ai eu tort car le lendemain j'ai constaté qu'ils avaient tous fait leurs recherches.
Et QUAND BIEN MEME:

  • je leur ai annoncé que chacun travaillait pour soi : les définitions sont à chercher mais pas obligatoires. Rien quand on est en terminale n'est « obligatoire » selon moi: l'élève travaille pour lui et pour son avenir. L'autonomie et surtout la responsabilisation me sont très chères. C'est le principe même que j'applique à Twitter: chacun prend s'il veut. Rien n'est « obligatoire » mais celui qui prend s'enrichit et enrichit les autres.

  • C'est ce point là que j'ai décidé de développer: libre à chacun désormais sur le travail que je donne via Twitter de le garder pour lui ou bien de le faire partager [comme l'élève l'a fait par « erreur »]

    L'élève n'est plus ainsi dans une position où il reçoit un savoir et s'en approprie un personnellement : il est à la cherche du savoir, se l'approprie mais en fait partager aussi les autres. L'élève est acteur de son savoir et garant d'en distiller et distribuer. C'est la valorisation de l'élève dans le système scolaire.

    Twitter est un outil activateur de cette nouvelle position pour l'élève. Comme toujours, Twitter n'est pas indispensable mais bien utile.

    Exemple : nous allons voir vendredi Invictus de Clint Eastwood. Un élève l'a vu dès sa sortie: il est rugbyman au centre de formation de l'équipe de rugby du club local. Je lui ai demandé son avis en tant que rugbyman sur les nombreuses scènes de ce film qui y sont consacrées. Il nous a informé, expliqué les erreurs de réalisation. L'élève est détenteur de savoirs et les transmet. Il est pourvoyeur de savoirs qui enrichit l'autre (moi y compris! Et c'est vraiment important pour mes élèves – surtout en lycée professionnel) et le valorise lui.

 

lien permanent

Twitter en classe: aucunement indispensable !  posté le mardi 12 janvier 2010 21:33

 

Un de mes élèves m'a dit vendredi : « j'ai lu que Twitter allait finir par dépasser Facebook! ». Il semblait si étonné par cette lecture qui leur semble encore invraisemblable. Le sacro-saint Facebook est pour eux le réseau social du net par excellence.

Oui mais si c'était vrai? Si j'étais entrain de les initier à l'outil « tendance » du futur? J'ai tourné ça à l'ironie « ainsi vous vous souviendrez de moi comme une visionnaire! ».

Je n'ai pas cette prétention. Je ne sais pas ce que Twitter deviendra. Si je m'en servirai avec une autre classe, si je poursuivrai cette expérience à la rentrée prochaine, si Twitter prendra réellement de l'ampleur ...etc. Ce qui m'intéresse c'est l'impact qu'il a au jour le jour et sur le temps long de l'année scolaire sur la classe et peut-être sur l'équipe pédagogique.

Twitter est comme tous les outils utilisés en classe au delà d'une pédagogie dite classique. Le schéma classique c'est le tableau noir, la craie, un cahier, un manuel scolaire, un enseignant et face à lui des élèves. Je pense que le plus « geek » de tous les enseignants use et usera encore longtemps de tous ces indispensables. Le tableau noir est remplacé par le TBI ou le vidéoprojecteur certes mais le visuel sur un tableau est toujours nécessaire. Le cahier a la forme d'un netbook, le manuel est une page d'un wiki. Mais nous retrouvons toujours la base de ce qu'est un cours.

Au delà de ces fondamentaux essentiels à un cours, tout ce qui est ajouté peut sembler inutile. Et je ne pense pas uniquement à l'usage des TICE. Mon établissement est un lycée professionnel avec une forte tradition de projets. Il y a cette dynamique qui surprend, déroute la direction lorsqu'elle se renouvelle mais plaît par la richesse qu'il s'en dégage. Enseignants de matières professionnelles comme enseignants de matières générales travaillent sur des projets qui s'inscrivent dans le projet d'établissement et qui sont très variés, très riches. Voyages pédagogiques, EDD, création de blog, expositions, échanges européens, stages à l'étranger, groupes de compétences, participation à des concours, événementiels...etc. On sort facilement du cours classique tableau-cahier-manuel et on y revient aussi facilement ! Je prépare une séquence d'histoire avec ma classe tweeteuse où je n'utilise qu'un manuel scolaire et des photocopies.

L'usage des TICE, et finalement l'usage de toute innovation pédagogique, de toute sortie du cadre classique du cours sont sans cesse décriés. Parce qu'on sort de ce cadre, aussitôt le système d'alarme semble s'actionner. Mon expérience a été relayée dans le blog « la génération Y » de Julien Pouget [http://lagenerationy.com/2009/11/06/twitter-en-classe/]. Un internaute a mis ce commentaire « et ils ne peuvent pas tout simplement levé la main pour poser une question? » . Utiliser Twitter supposerait donc que je coupe de toute pédagogie classique fondamentale. User de tout nouvel outil pédagogique, actionner tout projet suscite nombre de réticences. Lors de notre voyage scolaire à Liverpool l'année passée avec la classe tweeteuse, nous avons visité une ancienne filature qui montrait l'évolution des machines tout au long de l'industrialisation. Un des élèves a dit « on voit concrètement ce que vous nous avez expliqué en cours ». J'ai entendu dans sa remarque une des finalités de ce voyage: nous lui avons apporté un Plus, un complément à un cours classique où les acquis fondamentaux avaient été distribués.

Twitter n'est pas indispensable à mon cours. L'indispensable est dans ma transmission de savoirs quel qu'en soient les moyens. Qu'on ne me donne qu'un tableau, un cahier et un stylo et je transmettrai toujours ces savoirs. 

lien permanent

Twitter/ education aux médias: bloquer n'est pas jouer ?  posté le mardi 12 janvier 2010 11:36

 

Education aux médias: former et accepter de se laisser former...par les élèves.

Utiliser Twitter en classe est pratique et facile puisque ne suppose aucune contrainte financière. La seule contrainte est l'accès à des ordinateurs en classe. Je ne dispose pas d'une seule salle de classe et elles ne sont pas toutes équipées mais le CDI nous fournit l'outil en quasi « libre service »: les élèves gèrent cette autonomie d' A/R entre salle de classe et CDI pour tweeter.

Twitter permet aussi une utilisation du diabolique-diabolisé iphone: j'autorise les élèves qui en possèdent à tweeter directement avec lorsque les postes informatiques sont en nombre trop restreint ou quand le réseau plante (malheureusement souvent).

Bloquer n'est pas jouer?

Cet usage de Twitter et de l'iphone est loin de faire l'unanimité parmi mes collègues mais c'est finalement le reflet de ce qu'on constate aujourd'hui: Facebook, Dailymotion, par les dérives constatées, ont été bloqués au lycée. Il y a menace sur les téléphones portables. Twitter pourrait l'être de la même façon mais je jouis encore d'une méconnaissance quasi-totale de l'outil. C'est la grande qualité de Twitter: il ne touche pas (encore?) à la sphère privée des élèves (il n'en avait pas vocation à l'origine d'ailleurs pour quiconque): nous restons dans un cadre strictement pédagogique.

Mon proviseur m'a assuré que Twitter ne serait pas bloqué au lycée puisque j'en fais un usage pédagogique, concerté et maîtrisé.

Bloquer tout accès à ces médias ou outils de communication me paraît finalement plus dangereux que de les autoriser. Le débat que nous avons eu à la suite du visionnage du documentaire d'Envoyé spécial (voir post précédent) me l'a prouvé: les élèves utilisent avec des dérives souvent Facebook, messagerie, téléphone portable et de façon générale Internet. Mais ils en sont conscients. Ils m'ont même dit qu'ils étaient très réticents à ce que leurs petits frères, cousins utilisent Msn, Facebook etc tant ils en connaissent les dérives possibles ! Finalement les plus réacs lors de ce débat n'ont pas été les enseignants!

Toute génération adolescente a vu ses pratiques identitaires diabolisées. Ce que l'éducation nationale n'a jamais su faire c'est les intégrer sur l'instant T. Difficile avec Internet quand nos élèves sont le plus souvent mieux formés et informés que leurs parents et leurs enseignants. Avoir 18 ans en 2010, c'est être né avec ces technologies informatiques quand certains de leurs profs fustigent le cahier de texte électronique ou ne savent pas se servir d'un vidéoprojecteur. J'ai expliqué à mes élèves suite à ce débat que ce sont EUX les éducateurs de l'internet. Qu'ils ne peuvent compter sur certains parents, certains enseignants mais en nombre restreint. Leur donner cette responsabilité me semble essentielle. C'est aussi un moyen pour valoriser leurs savoirs et leurs savoir-faires. C'est primordial en lycée professionnel: tu ne sais pas conjuguer au passé simple mais tu sais coudre une robe en soie. Valoriser leurs savoirs et savoir-faires de l'outil informatique est là une formidable opportunité. Au lieu de bloquer Facebook, l'iphone, dailymotion et peut-être un jour Twitter, pourquoi ne pas leur apprendre à l'utiliser?
Concrètement: j'ai un élève qui a un iphone, je n'en ai pas. Je souhaite en acheter un, il m'a montré les applications possibles. Je sais que si je le souhaite, il m'apprendra à l'utiliser = je le mets en situation de formateur. En échange, je pose le cadre: j'autorise l'iphone en cours pour tweeter uniquement. Il n'a pas le droit de l'utiliser pour tweeter sans mon autorisation et n'en use pas lorsqu'un ordinateur est disponible. Ca suppose un pacte de confiance entre nous.

Certains diront que c'est mettre l'enseignant en « danger » , je dirais plutôt en situation d'apprenant. C'est un échange de savoirs et de savoir-faires.

C'est un des principes même de Twitter. « ce que je sais, je le partage, ce que je ne sais pas, je le demande » (@loichay) que j'essaie d'appliquer à ma classe.

lien permanent
|
ouvrir la barre
fermer la barre

Vous devez être connecté pour écrire un message à frompennylane

Vous devez être connecté pour ajouter frompennylane à vos amis

 
Créer un blog