Accueil Date de création : 28/08/09 Dernière mise à jour : 29/11/11 14:01 / 80 articles publiés

Une bonne configuration de salle pour un bon usage des TICE !  posté le mercredi 26 mai 2010 17:20

 

J'ai pu faire cours avec la classe toute la semaine dernière dans la salle équipée de 15 postes et (selon moi) idéalement configurée : une coursive tout au long des cloisons où sont installés les postes (dont le mien) et un espace central de tables tourné vers le vidéo-projecteur.

L'élève, qu'il soit sur poste, sur table ou sur table avec son smart-phone, est intégré à un ensemble: j'ai vue sur toute la classe, sur leur travail sur informatique et je peux circuler facilement entre les tables. L'élève a l'espace pour travailler sur papier et sur poste info simultanément. Il peut bouger au gré de la séance: parfois sur poste, parfois sur table, parfois face au vidéo-projecteur.

Une bonne utilisation des TICE dans l'enseignement passe, selon moi, par une configuration réfléchie et adaptée de la salle.

Dans les salles pupitres "traditionnelles", on retrouve toujours le même schéma: l'élève est assis devant une table, aligné comme tous les autres élèves face au prof et au tableau. Sur sa table, un ordinateur qui l'isole physiquement et intellectuellement du groupe-classe, de l'enseignant, de l'apprentissage de tout savoir et de toute communication. IL n'y a pas d'échanges, pas d'interactivité.

Internet est pointé du doigt car il couperait l'adolescent de toute communication extérieure le centrant sur lui-même. [A noter que l'adolescent par définition est centré sur lui-même, il n'a pas besoin d'internet se sentir le centre du Monde !]

Le web 2.0 ouvre l'élève(et l'adolescent) sur le Monde: il n'a jamais autant communiqué, ne s'est jamais autant sociabiliser. Il a soif de rencontres, de discussions, de groupes, d' "amis" ou d' "abonnés/abonnements", il cherche sur des sites de la musique, des images pour les partager, joue en ligne avec d'autres, écrit un blog, sa page facebook ou sur son mur Twitter pour être lu.

Mais laisser un élève dans une configuration de « salle-pupitre » est effectivement le couper de tout son environnement : cours, savoirs, groupe-classe et enseignant. C'est comme le laisser seul dans sa chambre devant un écran de télévision: il reste consommateur, prenant un infime partie de ce qu'on lui donne sans réfléchir, sans interagir.

C'est l'anti-thèse de l'essence même des TICE telles que j'imagine les pratiquer.

C'est à l'enseignant (et à l'adulte) d'éduquer l'élève (et l'adolescent) à un usage pertinent du numérique. Ca implique aussi une réflexion sur sa propre pédagogie et sur les aménagements matériels pour y arriver. Les problèmes d'équipement de salle en matériel informatique (ordinateurs, vidéo-pros, TBI …) évidents. Quand les établissements scolaires en sont dotés, on en oublie le plus souvent une vraie réflexion autour de la configuration de salles pour un usage vraiment performant.

Dans cette salle que j'ai eu à disposition toute la semaine dernière (et ça n'a pas été le cas toute l'année!) , j'ai pu enfin proposer à mes élèves des cours intégrant totalement l'usage des TICE: l'ordinateur, l'usage du Web, de Twitter. Ce que nous avons fait de façon aléatoire toute l'année (selon les disponibilités de salle, d'installations, de réseau, de configuration de salle...) l'a été de façon optimale toute cette semaine.

L'élève s'est approprié cet environnement numérique qui lui est devenu commun: j'ai pu ainsi constaté que l'usage est plus rapide, plus performant, l'élève plus autonome.

L'ambiance a été studieuse, silencieuse et pourtant le cours a été hautement interactif.

Comme beaucoup de classes sont désormais en stage et ou examens, plus de salles sont disponibles au lycée et j'ai bon espoir de pouvoir obtenir cette salle pour les deux dernières semaines de cours et d'intenses révisions du bac !

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L'enseignant, l'élève,l' Internet ou la recette diabolique  posté le lundi 17 mai 2010 23:10

 

Nombreuses occasions entre Intertice mercredi et Educamp samedi de réfléchir sur mon expérience de Twitter en classe. Ajoutons à ces deux très riches événements, le tapage médiatique qui déferle ces jours-ci.

 

Twitter en classe: est ce légitime? Bernard Guetta chez Bourdin sur RMC ce matin a posé des problématiques suite à ma présentation:

-l'enseignant a t-il besoin de Twitter pour communiquer avec ses élèves?

-l'école doit-elle intégrer les réseaux sociaux puisque appréciés des élèves?

 

C'est ici l'enseignant et le « jeune » qu'on met au pilori. Débat récurent dans la Société. Ajoutons à ce duo magique Internet et nous avons ainsi la recette la plus diabolique de ce début du XXIème siècle.


Le jeune, depuis qu'il existe (né dans les années 50), est ausculté dans ses pratiques. Le jeune a été successivement fan hystérique des Beatles ou rockeur à hurler du Johnny Hallyday, révolutionnaire en 68, hippie en 72, punk dans les années 80, fan hystérique (encore) de Patriiiick ou raveur drogué dans les années 90. Aujourd'hui le jeune ne communique plus, ne regarde même plus la télé puisqu'il passe tout son temps devant un ordinateur à organiser de sombres apéros qui font doucement rire les ancestrales fêtes de Dax ou de Bayonne.

Oui! Le jeune c'est le mal.

 

Face à lui, l'enseignant. Qui va mal lui aussi. Qui ne tire plus rien de ses élèves. On regrette ces années bénies ou l'élève était soumis à la parole sainte de l'enseignant souvent équivalente à celle du curé et, son sermon du dimanche. L'enseignant en ces temps, avait le pouvoir, aucun élève ne bronchait, ne parlait même pas et encore moins, donnait son opinion. Seul le « maître » avait ce pouvoir là. On emmenait l'élève au certificat d'études: il savait lire, écrire, compter. Les fonctions de base étaient acquises. La culture générale, l'ouverture au monde, la capacité à réfléchir et à décider n'étaient pas des compétences à acquérir. D'ailleurs on ne parlait pas de compétences, à peine de savoirs. Aujourd'hui, l'enseignant apprend à changer la configuration matérielle de sa salle : il n'y a plus d'estrade, l'enseignant n'a plus forcément son bureau face à l'élève.

L'enseignant va mal.

 

Entre l'élève et l'enseignant, Internet ! Vulgarisation du savoir : comme à l'époque le livre de poche a été annoncé comme la mort du Livre avec un grand L, aujourd'hui Internet fait peur. Et l'enseignant lui donne accès avec la pratique des TICE en classe à utiliser plus internet, à accéder à plus de connaissances. Parfois l'élève dépasse l'enseignant: il sait utiliser les réseaux sociaux, manie le Web 2.0 alors que l'enseignant ne consulte que les pages jaunes.


Prenez une enseignante comme moi qui utilise twitter en classe et vous avez là la recette diabolique qui met en péril tout le système éducatif français. C'est toujours plus simple que de parler des coupes budgétaires, de la fin de la formation initiale, de la suppression de milliers de postes enseignants, de la faillite de la Famille qui se déresponsabilise totalement et de cette société qui se pose en victime et jamais en citoyenne.

 

A Educamp, à Intertice, j'ai eu l'occasion de rencontrer bon nombre d'enseignants et de professionnels de l'éducation avec qui j'échange déjà beaucoup via Twitter. Nous avons lors de ces rencontres confronté nos pratiques pédagogiques dites innovantes : utilisation des nouvelles technologies pour enseigner.

 

Une journaliste m'a demandé ce matin: « et que pensent vos élèves d'avoir une prof geek qui leur impose ses pratiques? ». J'ai souri : la prof que je suis est loin d'être une geek. Je suis férue de web 2.0, certes, pas pour l'outil mais bien pour les possibilités que ces pratiques permettent. Ecriture collaborative, échanges, transmissions. Au centre: l'écrit et la production d'écrit. Adolescente, je criais « patriiick » dans les concerts et j'écrivais nombre de lettres et journaux intimes. Aujourd'hui j'ai échangé le papier contre le clavier.
L'enseignant, l'élève n'ont guère changé. C'est l'outil qui change. Certains parleront de tendance, ils n'ont pas tord. Le Web 2.0 , Twitter, Facebook, Etherpad, Moodle etc seront rapidement remplacés par un 3.0 qui les rendra obsolètes. C'est l'évolution de la société, sa modernisation qui font évoluer les outils et les pratiques.

 

Que retiendront mes élèves de cette année scolaire? Qu'ils auront passé une année en classe, devant un cahier ou/et devant un ordinateur. Qu'ils ont acquis des savoirs et des compétences. Et ils auront tweeté. Ils auront appris en cours de français, d'histoire et de géographie à utiliser un autre réseau social du net, à s'en servir pour apprendre différemment.
Nous n'avons pas eu besoin durant cette année de Twitter pour communiquer, n'en déplaise à Monsieur Guetta. Twitter a été un outil créant un espace virtuel où la communication s'est accrue, où les échanges culturels ont été riches, où l'élève le plus timide, celui qui a le plus de difficultés a pu trouver une tribune adaptée, une écoute à ses questions. Un espace de travail entre élèves et entre élèves et enseignants. Et un espace où nous nous sommes retrouvés au lendemain de Xynthia pour soutenir ceux qui avaient été victimes.

Sans Twitter? J'aurais fait cours, j'aurais aussi transmis savoirs et compétences. J'ai juste ajouté un outil à ma pédagogie. Comme tous ces enseignants rencontrés à Intertice et Educamp. Ces enseignants qui, malgré tous les obstacles sus-nommés, cherchent, découvrent, appliquent et font partager des outils pour mieux enseigner, pour impliquer cet adolescent qui ne va pas plus mal qu'il y a 50 ans dans sa scolarité et sa réussite.

Tant qu'il y aura dans un espace, qu'il soit réel ou virtuel, avec un enseignant et des élèves, le Savoir sera transmis.

 Pour en savoir plus:

Sur Intertice : http://www.intertice.fr/

Sur Educamp : http://web.me.com/educamp/educamp/Accueil.html

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Précision / réponse à un commentaire  posté le dimanche 09 mai 2010 09:42

Réponse au commentaire d'Arnaud : les élèves tweetent en classe sur poste informatique . Je n'ai pas de salle proprement attribuée : donc ils tweetent selon le  matériel accessible. Nous sommes donc dépendants de cette accessibilité, de l'état des postes et de la connexion internet souvent lente et aléatoire.

 

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twitter en classe: une expérience qui se poursuit ?  posté le jeudi 06 mai 2010 22:27

La fin de l'année approche et l'expérience avec la classe tweeteuse va prendre fin aussi. Twitter permettra peut-être qu'on garde un lien mais ne servira plus scolairement.
La question se pose : et l'année prochaine? Est ce que je poursuis l'initiative avec une autre classe?

 

Le projet est né de cette classe: c'est parce que ce groupe était motivé, dynamique, parce qu'une relation de confiance s'est instaurée avec ces élèves que l'expérience s'est montée. Je l'ai dit plusieurs fois sur ce blog: Twitter en classe est un facteur identitaire fort pour ce groupe-classe.

Alors pourquoi poursuivre? Un projet, une classe. Nous avons vécu cette expérience ensemble, je les ai totalement associés. Si c'est identitaire pour eux, ça l'est aussi pour moi.

Difficile dans cet état d'esprit de reproduire l'expérience avec une autre classe.
Il y a peut-être un certain phénomène de « lassitude », l'idée que j'ai pu faire le tour de toutes les possibilités associées à Twitter en classe.

Et pourtant, je me suis décidée aujourd'hui à continuer. Et pour plusieurs raisons:

 

  1. Sur une réflexion de mes élèves tweeteurs avec qui j'échangeais sur le sujet: « c'est dommage, maintenant qu'on maîtrise bien de ne plus avoir de temps pour continuer à utiliser Twitter ». J'ai aimé leur déception: si je regrette de ne pas pouvoir poursuivre avec eux, c'est partagé. Nous continuons à explorer des applications en classe et hors classe de Twitter.

    Des applications:

    Hors classe: ils ont découvert le live-tweet. J'ai encouragé les élèves fans de foot à tweeter lors de la demi-finale de la ligue des champions Lyon-Bayern. A priori, rien de pédagogique dans la démarche mais on reste dans la production d'écrit, ils respectent la langue, la syntaxe sur un temps privé de loisir, ils échangent, mutualisent. Leur écrit est valorisé. Qu'il s'agisse de foot ou de littérature, l'élève écrit et prend soin de son écrit. La démarche pour un élève de lycée professionnel qui a toujours eu un difficile rapport à l'écriture n'est pas anodine.

    En classe: la séance associant le procèsss Seznec et Twitter [voir post précédent ] a été une vraie réussite et Twitter a été au cœur de cette réussite. Je l'ai vécu maintes fois: montrer un document audiovisuel à une classe (film,pièce de théâtre, émission...) peut être totalement improductif si l'élève n'est pas captivé. Et l'adolescent se captive le plus souvent pour le film récent, grand public, le documentaire « sensationnel » tirant plus sur Envoyé spécial que sur « un œil sur la planète ». Le procès Seznec se serait, sans Twitter, classé dans le « peu captivant », en aurait endormi la moitié, aurait provoqué les bavardages de l'autre moitié. Le digital native baigne dans une consommation outrancière d'images qu'il parcourt sans analyser ni même parfois comprendre. En leur demandant de tweeter au fur et à mesure du procès (j'ai suspendu le vision nage régulièrement à leur demande pour qu'ils puissent tweeter sans pour autant perdre le fil du procès), l'élève est devenu acteur, a interagi, a pris en compte les avis des autres élèves, a cherché à convaincre.

2. Sur une réflexion de mon autre classe...celle qui ne tweete pas: « madame on vous a vu dans le journal avec les terms. C'est quoi Twitter et vous faites quoi avec? Et il paraît qu'ils utilisent même leur téléphone en cours? Et nous on pourrait? «

Pour les dernières heures de cours avec cette classe avant qu'ils ne partent en stage, j'avais prévu un autre cours. Mais je l'ai abandonné face à leurs questions, leur curiosité, leur enthousiasme. Parce que ce sont les qualités premières que je demande à un élève, avec une classe.

Pour présenter la classe: c'est une section Logistique à majorité masculine. C'est la première génération de bac pro en 3 ans . C'est la 2ème année que j'enseigne à cette classe et je continuerai à la rentrée. Ce temps long partagé permet de mettre en place une vraie pédagogie constructive. Les élèves sont jeunes, assez peu matures: s'ils ont l'âge des anciens terminale BEP, ils vont pourtant rentrer en terminale bac pro. Le cursus a été raccourci et c'est un vrai problème. L'élève de lycée professionnel pour reprendre confiance en sa scolarité, pour poser des bases enfin solides avait besoin de ces 4 ans. Aujourd'hui nous devons apprendre, redéfinir et atteindre les mêmes objectifs sur 3 ans. Ajoutons que les élèves ne redoublent quasiment plus au collège: ils nous arrivent donc de plus en plus jeunes. La difficile orientation le plus souvent subie en fin de collège achève le portrait: l'élève arrive en seconde professionnelle dépité, démotivé, jeune. Cette classe de Logistique avait ce profil: des 24 élèves inscrits en entrant en seconde, ils ne sont plus que 17. Nous avons eu à gérer de lourds problèmes de discipline, d'absentéisme chronique, de démotivation.
Mais 17 élèves sympathiques et enthousiastes pour tout ce qu'on leur propose dès lors que nous sortons du cadre « traditionnel ». Nous travaillons souvent sur poste informatique pour des recherches, des productions d'écrit et beaucoup aussi sur l'image animée: bandes annonces, films (ils sont inscrits au programme lycéens et cinéma) , photographies. Toute cette année, j'ai comparé mes cours avec eux et avec la classe tweeteuse. Plusieurs fois j'ai regretté de ne pas utiliser le même outil avec eux pour interagir sur leurs productions et susciter plus d'intérêt.

En leur expliquant aujourd'hui comment j'utilisais Twitter en classe, j'ai vu, écouté leur enthousiasme, leur intérêt et voilà ce qui m'a définitivement persuadé de poursuivre l'utilisation de twitter en classe.

... Parce que je pense que l'outil par son caractère inédit, ludique et original correspondra aux attentes de la classe

...Parce qu'ils sont demandeurs d'éducation aux médias du net

...Parce qu'ils sont intéressés, enthousiastes et curieux

...Parce qu'ils seront en voyage pédagogique aux Baléares en octobre et twitter sera un très bon moyen de communication

...Parce qu'ils m'ont clairement indiqué le besoin de plus de suivi, d'une aide individualisée

...Parce que je leur ai lancé un vrai défi: utiliser Twitter en classe et hors classe, c'est leur faire confiance, leur demander un respect strict de leurs devoirs mais leur prouver qu'ils ont aussi des droits de citoyen « pré-adulte »

...Parce que le public est moins « acquis »: plus immature, plus à cadrer, plus de dérives possibles. Et ce sera ainsi un bon test pour moi: peut-on adapter twitter en classe à tous les publics?

J'ai testé Twitter sur une classe avec qui je savais que ça avait 99% de chances de fonctionner. A partir de ce mois de mai et pour l'année à venir, je vais tester sur un autre public: enthousiaste certes mais plus difficile à cadrer.

 

Nous nous sommes donc lancés sur deux heures aujourd'hui à la découverte de Twitter, à la création de leurs comptes, à l'explication basique du fonctionnement. Deux élèves connaissaient déjà l'outil, avaient déjà des comptes et ont pu me relayer dans ces premiers apprentissages. Initiation augmentée par leur professeur de maths-sciences, Christelle Abed-Méraïm, déjà enseignante-tweeteuse convaincue avec la 1ère classe tweeteuse. Deux autres enseignantes de la classe ont déjà, elles aussi, un compte Twitter. Le réseau est donc plus facile à mettre en place. C'est le premier point positif constaté. Il a par contre fallu que je cadre rapidement les premiers débordements: ne pas utiliser Twitter comme un service de tchat personnel, adapter son langage etc. Séance donc constructive...bien qu'épuisante !

 

Vous pouvez suivre les premiers pas de cette deuxième classe tweeteuse via le compte que j'ai crée spécialement : @derniereannee2 et via leurs enseignants:

  • maths/sciences @mathfacile

  • logistique : @joellebernard

  • lettres-espagnol : @profespagnol

Ils vont avoir presque 4 mois pour appréhender l'outil : période de stage, certification intermédiaire, inscription en terminale et vacances. A voir comment et s'ils vont l'utiliser.
To be continued... !

 

A lire :

L'article paru dans l'Express lundi (merci @flavienhamon) :

http://www.lexpress.fr/actualite/high-tech/revisez-votre-bac-avec-twitter_889183.html

 

L'entretien accordé à @lemanuelnumerique sur l'expérience de Twitter en classe :

http://lemanuelnumerique.fr/2010/05/twitter-en-classe-interview-de-laurence-juin/

 

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Twitter en classe: des freins à un tel usage?  posté le vendredi 30 avril 2010 20:09

 On m'a demandé plusieurs fois quels pouvaient être les freins à une telle expérimentation. C'est vrai que j'en parle rarement ici, non pas pour occulter ce qui pourrait être négatif mais parce que j'essaie de positiver chaque aspect de l'expérience. 


1.
L'accès personnel de l'élève à Internet m'avait semblé, en début d'expérimentation, être un des plus gros freins à son développement.

En début d'année scolaire, six élèves n'avaient aucun moyen d'accès personnel à Internet. En cette fin d'année, seulement un élève n'a toujours pas d'accès personnel. Les élèves sont de plus en plus équipés en particulier en smartphones (i-phones ou blackberrys).

Ce que j'imaginais être un frein n'en a pas été un. J'ai pu constaté que ce ne sont pas les élèves les plus équipés qui tweetent le plus. J'avais imaginé l'adepte de l'i-phone tweetant sans cesse et c'est finalement le contraire. C'est l'élève qui a peu ou pas un accès personnel à Internet qui consulte le plus souvent: il a le souci de rester « connecté». Il passe sur Twitter au CDI, à la vie scolaire, en cours dès qu'il a accès à un ordinateur.

Ce frein n'existe pas: c'est l'élève qui décide de son assiduité à Twitter hors temps de classe. Ce n'est ni moi, ni son équipement mais bien lui: l'élève reste au coeur du système.

Ils ont expliqué ça aux deux journalistes qui sont venus les interviewer (l'occasion pour moi de les écouter donner leur avis) : « hors temps de classe », on sait qu'on a accès à des informations: on prend si on veut».

Frein 2) La non adhésion de certains élèves à Twitter ou plus généralement à Internet : J'ai rapidement compris qu'il fallait attiser le « feu », qu'ils n'adhéreraient pas tous à Twitter aussitôt. En classe: ils n'ont pas le choix mais hors classe, je ne peux les obliger en rien. Et je voulais que ça vienne d'eux par choix et non par contrainte. Il a fallu pendant plusieurs mois (de septembre à décembre environ) les inciter à tweeter, les attirer par des valeurs sûres comme tweeter leurs notes ou le conseil de classe (qui pointent sur eux particulièrement) et en leur demandant des échanges obligatoires (comme lors de leur période de stage en décembre).

Le réseau est aujourd'hui établi en flux plus ou moins tendu, de l'élève qui tweete quasiment tous les jours à celui qui lit sans forcément tweeter. Là encore, l'élève décide de son usage de Twitter...mais n'a plus l'excuse du « je n'étais pas au courant ». Je pose des usages, il prend l'information s'il le désire mais doit assumer ses choix.

Frein 3) L'accès au matériel et à la connexion pour tweeter au lycée est plus ardue: j'enseigne dans un lycée fort bien doté en matériel informatique. Mais je n'ai pas une salle de classe définie: je tourne sur plusieurs salles qui ne sont pas toutes dotées en ordinateur et qui n'ont pas toutes assez de postes pour que chaque élève puisse avoir un poste. Il faut donc que j'adapte mes cours et mon usage pédagogique de Twitter à cet accès au matériel. Ajoutons à ça une connexion internet aléatoire qui nous freine très souvent dans l'usage. Ces pertes de temps chroniques et la recherche de salle, de matériel correctement installé sont de vrais freins à l'usage de Twitter en classe et plus généralement à l'usage des TICE. Parce que je veux vraiment l'utiliser, je déploie beaucoup d'énergie à réussir à utiliser Twitter en classe. Pour bon nombre de collègues, l'usage des TICE est trop souvent synonyme de ces problèmes techniques et matériels. Imaginer une séance centrée sur les TICE sans savoir si on aura accès à une salle équipée, si elle sera correctement installée et si le réseau sera accessible est un frein très fort à la démocratisation des TICE dans l'éducation.

Comme 6 de mes élèves sont équipés de smartphones, je les autorise à tweeter via ce support en classe. L'usage de tout téléphone portable pour les élèves est pourtant strictement interdit mais je déroge à ce point du règlement intérieur: C'est un moyen d'éduquer là encore l'élève en lui montrant que l'usage des téléphones n'est interdit que parce qu'il y a dérive. Si l'élève respecte la règle posée (: ne l'utiliser que pour tweeter), il a droit de s'en servir en classe.

C'est aussi un moyen pour moi de pallier à une connexion trop lente, un manque de postes informatiques accessibles etc. Je pallie à ce même manque pour mon usage avec mon ordinateur personnel et mon accès internet avec une clef 3G que j'apporte en classe.
Mais l'élève, l'enseignant doivent-ils s'équiper personnellement pour démocratiser l'usage des TICE dans la structure éducative?

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