La classe tweeteuse s'approche à grands pas des épreuves du bac.
Ces deux dernières semaines avant le Jour J ont vu l'emploi du
temps habituel modifié. Le lien principal de communication entre
eux et nous (enseignants tweeteurs) et eux (élèves) se fixe par
Twitter, ce territoire virtuel où ils savent pouvoir trouver
informations et en demander.
J'ai donné ces derniers temps par tweets (et à l'oral quand on
était en cours) l'emploi du temps modifié de la classe.
Hier une élève (qui tweete rarement) m'a envoyé un direct message
pour savoir quels cours ils auraient aujourd'hui. Je lui ai répondu
qu'elle n'avait, pour avoir l'info, qu'à remonter la Time Line,
soit tweeter à l'ensemble du réseau classe et non en DM sa question
et qu'il y aurait bien quelqu'un pour lui répondre.
Elle m'a reproché aujourd'hui de vive voix et devant la classe ma
réponse estimant que je ne l'avais pas aidé alors que "Twitter ça
sert à ça non?"
J'ai recadré sa critique:
- Le territoire virtuel crée par Twitter distille informations d'ordre pédagogique, d'incitation à la culture générale et à des informations d'ordre pratique sur la vie de classe. Les informations restent disponibles sans délai de prescription.
- Je réponds aux questions des élèves mais sans immédiateté obligatoire : le tweet est posé et attendra la réponse quand le questionné sera disponible pour y répondre (s'engageant tout de même à y répondre).
-Twitter n'est pas un service de réponses obligatoires à l'élève: Je ne suis pas là pour répondre à toutes leurs attentes. Dans ce territoire virtuel, l'élève doit respecter les mêmes règles que celles que j'édicte en classe : autonomie, responsabilité, prise en charge, écoute. Je donne l'information, elle est écrite, il y a donc trace. A l'élève de relever la traçabilité de l'information et ainsi de la prendre.
- Twitter est un espace communautaire, un réseau: le direct message n'a lieu d'être que pour des communications précises qui ne concernent pas la classe publiquement. Rechercher une information doit être posé en tweet : si je me suis refusée à répondre à sa question, un autre élève aurait pu le faire. La démarche aurait été là toute autre: échange d'information horizontale, entraide et communication entre élèves qui n'échangent pas forcément à l'oral entre eux. L'intérêt est là de renforcer le groupe-classe et décloisonner.
La majorité des élèves de la classe qui a l'habitude de tweeter
depuis le début de l'expérience n'a pas été surprise de mon
discours. Cette majorité lit les liens que je pose à chaque tweet
comme agrégateurs de savoirs et de préparation au bac. Cette
majorité pose des questions, me sollicite, n'a pas toujours besoin
de moi pour trouver une information et connaît les règles qui
régissent ce territoire.
Ce sont les élèves qui se sont très peu investis dans cette
expérimentation (environ 5 sur 28) qui en ces derniers jours
d'avant bac sont revendicateurs. Si Twitter n'était pas un
obligation, c'était leur choix. Ils pouvaient user de cet outil
supplémentaire. Je respecte leur choix...mais aujourd'hui ils
doivent respecter le règlement intérieur à l'espace.
jean
jeu 24 jun 2010 08:21