Construire son identité numérique a été une des voies tracées par l'expérience « twitter en classe ». J'ai souvent abordé ici le facteur identitaire que Twitter avait permis de consolider pour ce groupe. Facteur largement amplifié avec la couverture médiatique importante que nous avons connue ces dernières semaines. ("la classe tweeteuse").
Cette expérience a aussi permis à l'élève de construire son identité et donc sa mémoire numérique. Je leur ai laissé le choix du pseudo, le choix de l'avatar et une liberté d'expression et une liberté de fréquence d'expression à la seule condition que ces choix respectent la charte élaborée.
J'ai plusieurs fois entendu cette critique: j'amplifie, par cet usage, les traces qu'ils laisseront d'eux sur Internet : leur nom, leurs images, leurs écrits. « ils n'avaient pas besoin de ça, ils avaient déjà leur blog, leur Facebook, les forums...etc ». Alors pourquoi les inciter à plus?
C'est certain: l'usage de
Twitter est agrégateur de mémoire numérique et c'est
certain, j'ai permis l'amplification de cette mémoire par cet
usage.
A la différence d''un blog de classe, il s'agit de l'élève
dans son individualité. L'élève toujours placé dans
l'espace scolaire et extra scolaire du groupe classe mais
individualisé dans sa pratique du numérique. C'est en son nom/ en
son pseudo/en son avatar qu'il tweete et la mémoire numérique ainsi
s'amplifie.
Avec l'usage de Twitter, les élèves se sont construits pour la première fois une mémoire numérique d'élève et de futur professionnel. Sur leurs CV pour leurs recherches d'emploi ou pour le recrutement en BTS alternance, ils ont noté leur compte Twitter dans leurs coordonnées. Ainsi le futur employeur ou recruteur peut consulter le compte Twitter de l'élève. Que pourra t-il y lire?
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des échanges, des informations, des recherches autour de questions de cours ou de culture générale
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une implication de l'élève qui s'informe, qui questionne, qui répond
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une expression écrite concise, un langage courant compréhensible dans le respect des règles de communication basiques (exit fautes d'orthographe, langage sms...)
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Un pseudo et un avatar personnalisés mais reflétant une image respectable
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Une maîtrise expérimentée d'un réseau social qui se distingue de Facebook
La mémoire numérique existe et a été amplifié du fait de l'usage de Twitter en classe. Mais pour la première fois dans son parcours de digital native, l'adolescent s'est construit une mémoire réfléchie, censée qu'il peut vanter, mettre en avant comme un atout pour son avenir de futur adulte responsable.
Aujourd'hui avait lieu leur conseil de classe du 2nd semestre et leur bilan pré-bac. J'ai intégré, comme ma collègue de maths sciences (qui tweete aussi avec eux) la compétence « twitter » dans l'évaluation de chaque élève. L'élève qui tweete régulièrement des informations, des questions en dehors du temps de classe, montre son implication, sa volonté de progresser, son intérêt à s'intégrer dans le groupe classe, à mutualiser savoirs et compétences.
L'élève s'est crée une mémoire numérique, mémoire que nous pouvons consulter et qui fait partie de son parcours élève.
La trace restera pour chacun des élèves. A l'heure où le droit à l'oubli numérique est une question de débat majeur, la trace que les élèves tweeteurs laissent sur la toile est une trace positive qui ne pourra que leur servir dans leur avenir en construction.