Les élèves tweeteurs passent aujourd'hui leurs oraux de langue pour le bac. Pas tous: parce que c'est une option facultative et parce qu'ils sont pour certains en classe européenne. Ceux qui ne passent pas ces oraux seront en cours avec moi cet après midi. Nous commençons une période pré-bac qui va être hachée: entre leurs convocations, la préparation de leurs orientations post-bac etc.
Au lieu de 28 élèves cet après midi, je ne devrais en avoir qu'une dizaine et pourtant je vais faire cours « normal ». Chacun des absents, s'il le souhaite, pourra se connecter au cours à postériori grâce à Twitter. Je vais demander aux élèves présents de prendre des notes sur Twitter, de mutualiser leur apprentissage. Les consignes seront clairement établies: il ne s'agit pas de restituer un cours sur des messages courts. Twitter en classe, je le répète souvent, ce n'est pas faire cours en 140 caractères, c'est donner des pistes de réflexion, inciter à chercher plus, à découvrir. C'est aussi garder une trace, prendre des notes. Ils devront écouter, travailler, estimer les informations qu'ils jugeront essentielles et laisser des traces de ces informations sur Twitter. C'est un vrai travail d'analyse que je leur demande. Une nouvelle fois, ne pas laisser l'élève consommateur et le poser en acteur responsable de sa propre formation. C'est aussi l'apprendre à partager ses connaissances.
Je rejoins ici mon cours d'éducation civique : mettre l'élève au cœur de la société et le responsabiliser, rompre ses individualismes pour partager.
Twitter, par cette pratique, m'a permis de rompre le lien infernal que l'élève entretient avec la « sacro-sainte » note. L'élève qui tweete a appris à le faire pour échanger des savoirs, des compétences, des questions avec toute la classe et avec l'enseignant. Il ne tweete pas pour être évalué, n'attend pas la note, le « bon point ». J'évalue sa faculté à chercher des informations, à les analyser, à les retranscrire. J'évalue aussi sa motivation, son implication, sa faculté à lire l'autre et le prendre en compte, à respecter les consignes.
Mais cette évaluation est implicite. L'élève ne la perçoit pas et ne la cherche pas. On entre ainsi dans un autre rapport à l'apprentissage scolaire: l'élève, parce que les outils sont diversifiés, rompt avec le rapport de force établi depuis le collège (ou même l'élémentaire) : lui face l'enseignant avec la note comme seul système d'évaluation.
[n'en reste pas moins que je continue aussi à évaluer mes élèves de façon classique sur feuille et avec une note !]

Jordan Classic 
lun 29 aoû 2011 07:36