J'ai pu faire cours avec la classe toute la semaine dernière dans la salle équipée de 15 postes et (selon moi) idéalement configurée : une coursive tout au long des cloisons où sont installés les postes (dont le mien) et un espace central de tables tourné vers le vidéo-projecteur.
L'élève, qu'il soit sur poste, sur table ou sur table avec son smart-phone, est intégré à un ensemble: j'ai vue sur toute la classe, sur leur travail sur informatique et je peux circuler facilement entre les tables. L'élève a l'espace pour travailler sur papier et sur poste info simultanément. Il peut bouger au gré de la séance: parfois sur poste, parfois sur table, parfois face au vidéo-projecteur.
Une bonne utilisation des TICE dans l'enseignement passe, selon moi, par une configuration réfléchie et adaptée de la salle.
Dans les salles pupitres "traditionnelles", on retrouve toujours le même schéma: l'élève est assis devant une table, aligné comme tous les autres élèves face au prof et au tableau. Sur sa table, un ordinateur qui l'isole physiquement et intellectuellement du groupe-classe, de l'enseignant, de l'apprentissage de tout savoir et de toute communication. IL n'y a pas d'échanges, pas d'interactivité.
Internet est pointé du doigt car il couperait l'adolescent de toute communication extérieure le centrant sur lui-même. [A noter que l'adolescent par définition est centré sur lui-même, il n'a pas besoin d'internet se sentir le centre du Monde !]
Le web 2.0 ouvre l'élève(et l'adolescent) sur le Monde: il n'a jamais autant communiqué, ne s'est jamais autant sociabiliser. Il a soif de rencontres, de discussions, de groupes, d' "amis" ou d' "abonnés/abonnements", il cherche sur des sites de la musique, des images pour les partager, joue en ligne avec d'autres, écrit un blog, sa page facebook ou sur son mur Twitter pour être lu.
Mais laisser un élève dans une configuration de « salle-pupitre » est effectivement le couper de tout son environnement : cours, savoirs, groupe-classe et enseignant. C'est comme le laisser seul dans sa chambre devant un écran de télévision: il reste consommateur, prenant un infime partie de ce qu'on lui donne sans réfléchir, sans interagir.
C'est l'anti-thèse de l'essence même des TICE telles que
j'imagine les pratiquer.
C'est à l'enseignant (et à l'adulte) d'éduquer l'élève (et l'adolescent) à un usage pertinent du numérique. Ca implique aussi une réflexion sur sa propre pédagogie et sur les aménagements matériels pour y arriver. Les problèmes d'équipement de salle en matériel informatique (ordinateurs, vidéo-pros, TBI …) évidents. Quand les établissements scolaires en sont dotés, on en oublie le plus souvent une vraie réflexion autour de la configuration de salles pour un usage vraiment performant.
Dans cette salle que j'ai eu à disposition toute la semaine dernière (et ça n'a pas été le cas toute l'année!) , j'ai pu enfin proposer à mes élèves des cours intégrant totalement l'usage des TICE: l'ordinateur, l'usage du Web, de Twitter. Ce que nous avons fait de façon aléatoire toute l'année (selon les disponibilités de salle, d'installations, de réseau, de configuration de salle...) l'a été de façon optimale toute cette semaine.
L'élève s'est approprié cet environnement numérique qui lui est devenu commun: j'ai pu ainsi constaté que l'usage est plus rapide, plus performant, l'élève plus autonome.
L'ambiance a été studieuse, silencieuse et pourtant le cours a été hautement interactif.
Comme beaucoup de classes sont désormais en stage et ou examens, plus de salles sont disponibles au lycée et j'ai bon espoir de pouvoir obtenir cette salle pour les deux dernières semaines de cours et d'intenses révisions du bac !

Dany Larouche
ven 28 mai 2010 12:57