Plusieurs axes de l'utilisation de Twitter se développent et se consolident depuis la rentrée de janvier. Au premier semestre, le réseau se mettait en place et les élèves qui n'ont pas internet personnellement étaient encore exclus du processus.
Depuis la rentrée de janvier, je n'envisage plus cette "excuse": ils ont accès facilement et quotidiennement à des ordinateurs au lycée. Je donne des informations, des consignes qui ne sont jamais "du jour au lendemain" ou si c'est le cas, je demande aux élèves qui consultent leur Twitter tous les jours de relayer l'information oralement. Ce système fonctionne très bien et favorise les échanges entre élèves.
J'utilise Twitter comme support complémentaire à mon cours:
Il ne reste que 10 semaines avant leur examen final en juin. Le programme est vaste et nous devons accélérer le rythme (après un 1er semestre de mise en place et de méthodologie).
A) En amont: je tweete les séances à venir: les objets d'étude, des définitions à chercher, (comme je l'ai expliqué dans un post précédent). Au delà, j'intensifie ce travail obligatoire par des liens complémentaires à consulter: les élèves vont bientôt constituer leurs dossiers de poursuite d'études pour des BTS: un niveau d'études difficile pour eux tant pour y accéder que pour tenir le rythme de travail. Je ne peux pas en cours impliquer tous les élèves sur cet objectif: certains n'ont pas cette ambition ou les moyens de l'avoir: Twitter me permet là d' invidualiser le travail personnel de chaque élève. Selon ses moyens, ses ambitions, son envie, l'élève peut accéder à plus de savoirs. Libre à lui de l'exploiter. J'ai fait remarquer à ceux qui souhaitent une poursuite d'études que je prendrai en compte leur implication hors temps de classe sur Twitter pour leur dossier. Twitter est un bon indice de leur motivation.
B) Sur le temps de classe
Aujourd'hui, Twitter m'a permis d'évaluer leur travail, d'individualiser mon cours et d'autonomiser les élèves.
Situation: les élèves avaient à rédiger le plan d'une synthèse d'un
cours d'histoire. Je constate en commençant mon cours que (comme
toujours) un bon 1/3 des élèves n'a pas fait le travail
demandé.
Dans un cours « traditionnel » : je n'aurais pas pris en compte le non travail de ces élèves. J'applique ma politique avec ces élèves de classe terminale « vous ne travaillez pas pour moi mais pour vous ».
Mais ce discours n'apporte rien de constructif (si ce n'est la responsabilisation de l'élève à ses actes): peu à peu ils se démotivent et se détachent du peloton. Certains ne sont pas prêts à se responsabiliser et moi, ça tend à ne focaliser que sur les élèves motivés.
Aujourd'hui, j'ai appliqué une autre stratégie :
-ceux qui n'avaient pas faire le plan ont dû le faire en cours et ont dû ensuite le tweeter
-ceux qui l'avaient fait ont tweeté leur plan et ont commencé le TP suivant en autonomie
J'ai pu adapter ainsi
mon cours: j'ai lu en direct les synthèses, je les ai
commenté individuellement et les élèves ont eu directement leur
corrigé propre. Ils ont pu réagir, corrigé, modifié leurs
plans.
Tout cela dans le
silence qui n'a gêné personne.
L'élève est donc autonome dans son travail
(nous avions établi à la séance précédente une feuille de consignes
pour étudier un TP) et reçoit une assistance individualisée à son
travail. Les élèves qui ont le plus de difficulté mais qui sont
très consciencieux usent beaucoup de cette individualisation.
L'interactivité
est forte grâce à Twitter.
Les élèves qui n'avaient pas faire leur travail personnel avant le cours ont dû rédigé et tweeté rapidement leur plan de synthèse: le constat est clair, les plans sont peu réfléchis et construits. Comme je leur demande de le tweeter, il y a une certaine vexation à ne pas présenter à toute la classe un travail de qualité (alors qu'ils en sont largement capables: ce sont souvent les plus brillants qui sont les plus feignants !) Ils ont dû aussi commencer leur TP comme les autres mais auront à le finir en travail personnel à la maison. Ils accumulent dès lors retard, surcroît de travail et ne bénéficie pas de la correction individuelle en direct sur leur travail.
A noter que cette interactivité est possible en effectif réduit: avec 15 élèves (je les ai en groupe) c'est facile. A 30 en classe entière, il est vite impossible quand ils tweetent tous au même moment de suivre leurs écrits et surtout d'y répondre.
Sur l'heure suivante où je les retrouvais en classe entière, ils ont tweeté leur nouveau plan de synthèse, je les ai lu au fur à et mesure mais je me suis restreinte à des commentaires oraux: commentaires leur rappelant les consignes, leur donnant des informations supplémentaires etc. Aucun tweet qui aurait été noyé.
C) Après le cours, j'ai commencé une correction de chaque plan tweeté. J'aurais pu leur demander sur papier mais grâce à Twitter, dès ce soir, ils auront la correction individualisée de leur synthèse et un bilan global: des conseils pour chacun mais lisibles par tous. Twitter met en commun leurs productions: il y a valorisation de leur travail (je ne travaille pas que pour moi ou pour la prof): chacun s'enrichit, apprend, comprend mieux grâce à l'autre (et pas uniquement grâce à la prof) = l'apprentissage n'est pas que vertical, il poursuit son horizontalité.
D) En aval: je ne les revois en cours que vendredi désormais. Jeudi
je ne serai pas en cours (puisque je présenterai Twitter en classe
à une délégation d'IGEN, j'en reparlerai bientôt !) avec eux mais
je leur ai demandé de tweeter un nouveau plan de synthèse
d'histoire d'ici à jeudi soir. Ainsi, ils ont le temps de rédiger
leur nouveau TP et de tweeter leur plan. Et moi
j'ai accès
directement à leur travail sans avoir à repasser
par le lycée et organiser un ramassage de copies.
Twitter renforce ainsi l'autonomie, la motivation, l'implication de l'élève, l'individualisation de mon cours à l'élève: je peux évaluer compétences et savoirs de chaque élève avec plus de précision.

mgauthier
mer 03 fév 2010 14:37