J'ai déjà abordé ici un aspect de Twitter en classe que je
tiens à développer: j'attends de ce média qu'il favorise la
communication verticale (prof-élève) mais aussi horizontale
(élève-élève).
Si c'est moi qui tweete le plus, il arrive régulièrement que les
élèves tweetent entre eux. Ils utilisent ce média pour échanger
uniquement sur ces questions de cours et de vie scolaire.
Je souhaite favoriser cette communication horizontale entre les élèves de la classe et Twitter en est un bon outil.
Ca s'est révélé par une situation récente: Pour préparer une séquence d'histoire, j'ai tweeté des définitions, des notions qu'ils avaient à chercher
[ c'est un aspect très positif de l'utilisation de Twitter : je prépare mon cours avec peu d'avance et je peux leur donner un travail préparatoire sans forcément les voir en cours pour ça. Ils restent connectés au cours et à sa progression : à mon arrivée en cours, ils savent et se souviennent déjà quel va être le sujet d'étude ]
J'avais donné comme consigne de chercher et noter ces définitions pour le cours suivant mais une élève a tweeté directement les réponses là où je souhaitais qu'ils les notent sur leurs cahiers ! J'ai failli réagir sur Twitter mais il était trop tard, les tweets étaient publiés.
J'ai d'abord vu une consigne
mal formulée de ma part et un couac qui allait faire que les autres
élèves n'allaient pas faire le travail personnellement.
J'ai eu tort car le lendemain j'ai constaté qu'ils avaient tous
fait leurs recherches.
Et QUAND BIEN MEME:
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je leur ai annoncé que chacun travaillait pour soi : les définitions sont à chercher mais pas obligatoires. Rien quand on est en terminale n'est « obligatoire » selon moi: l'élève travaille pour lui et pour son avenir. L'autonomie et surtout la responsabilisation me sont très chères. C'est le principe même que j'applique à Twitter: chacun prend s'il veut. Rien n'est « obligatoire » mais celui qui prend s'enrichit et enrichit les autres.
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C'est ce point là que j'ai décidé de développer: libre à chacun désormais sur le travail que je donne via Twitter de le garder pour lui ou bien de le faire partager [comme l'élève l'a fait par « erreur »]
L'élève n'est plus ainsi dans une position où il reçoit un savoir et s'en approprie un personnellement : il est à la cherche du savoir, se l'approprie mais en fait partager aussi les autres. L'élève est acteur de son savoir et garant d'en distiller et distribuer. C'est la valorisation de l'élève dans le système scolaire.
Twitter est un outil activateur de cette nouvelle position pour l'élève. Comme toujours, Twitter n'est pas indispensable mais bien utile.
Exemple : nous allons voir vendredi Invictus de Clint Eastwood. Un élève l'a vu dès sa sortie: il est rugbyman au centre de formation de l'équipe de rugby du club local. Je lui ai demandé son avis en tant que rugbyman sur les nombreuses scènes de ce film qui y sont consacrées. Il nous a informé, expliqué les erreurs de réalisation. L'élève est détenteur de savoirs et les transmet. Il est pourvoyeur de savoirs qui enrichit l'autre (moi y compris! Et c'est vraiment important pour mes élèves – surtout en lycée professionnel) et le valorise lui.

ericvottero
jeu 21 jan 2010 21:51