Autant utiliser et rebondir sur la salve de critiques qui sont apparues hier sur mon expérience de Twitter en classe.
Ces critiques ont été entachées de menaces, c'est regrettable. Mais autant les utiliser pour alimenter un débat plus constructif sur l'usage de Twitter et plus généralement l'usage des TICE en classe.
Beaucoup de réactions, de renvois à des blogs, des sites via Twitter hier soir que je vais retranscrire ici et donner mon point de vue.
1) Quelle crédibilité pour les TICE et en particulier pour Twitter dans l'enseignement ?
a) La place réservée aux TICE dans l'enseignement n'est plus à prouver. Elle reste encore largement à être développée et n'en déplaise à leurs détracteurs il s'agit bien là de directives ministérielles. "Le ministère de l'Éducation nationale mène depuis de nombreuses années une politique d'impulsion en faveur de l'usage des technologies de l'information et de la communication dans l'enseignement (TICE)." A lire sur le site EDUCNET du ministère de l'éducation nationale et de la recherche. http://www.educnet.education.fr/
b) Pour ce qui est de la pratique de Twitter en classe, outre ce que j'annonçais dans le post précédent (travailler sous le couvert de mon inspecteur, de mon chef d'établissement et de la MAtice): Educnet présente et développe les différentes initiatives utilisant Twitter en classe. Mon expérience apparaît dans la rubrique "Web 2.0 : une étude et un dossier signalent des pratiques innovantes dans l'enseignement" http://www.educnet.education.fr/veille-tice-et-numerique/web-2.0-pratiques-dans-l-enseignement-etude-et-dossier (via le site francparler.org) .
Il est donc évident que pour les TIC et
pour Twitter, l'usage en classe ne soit pas remis en cause par le
ministère de l'éducation nationale et au contraire largement
favorisé !
c) Assouvir une addiction
personnelle? J'ai été accusée, comme tous les
enseignants twitteriens, de me servir de mon expérience pour
assouvir une "addiction personnelle à Twitter", à ma
messagerie et plus généralement à Internet.
Tous les enseignants qui montent des projets pédagogiques les nourrissent en amont par des centres d'intérêts personnels. C'est ce qui fait la richesse de notre système éducatif. L'enseignant féru de théâtre, de développement durable, d'informatique, de littérature scandinave etc, transmettra à ses élèves via des projets son intérêt, sa culture. Avant d'être enseignant, il est humain. Quand l'humain sert l'enseignement comment le critiquer? Ainsi, passionnée personnellement de l'histoire de la révolution industrielle, des Beatles et du Nord, avec cette même classe qui tweete j'ai construit l'année passée un projet sur cette thématique. Ce fut le projet d'une équipe pédagogique qui a rencontré une forte adhésion de la classe.
Cette année, j'ai décidé avec cette classe et la même équipe pédagogique de nous orienter vers l'utilisation de Twitter. Ce qui est fondamental, c'est que toute démarche soit pédagogique. Je suis partie d'une découverte personnelle pour l'élargir à une application pédagogique. Au fil de ce blog, j'expose mes objectifs pédagogiques, ceux initiés par mes collègues et les résultats obtenus en classe: les points positifs comme négatifs.
d) Quelle frontière entre un twitter personnel et professionnel?
J'entends par professionnel "ce qui est en rapport avec la classe". J'ai fait le choix de me créer un autre compte Twitter. Ainsi mon compte personnel n'a rien à voir avec @laderniereannee. @la derniereannee est le seul de mes comptes connus de mes élèves. Je ne leur ai pourtant pas caché l'existence de l'autre. ILs ne sont pas followers de ce compte. Mon compte twitter personnel est indépendant mais néanmoins public sur le web. De fait, il est accessible à tous les internautes, mes élèves, mon inspecteur et l'institution y compris. A moi de modérer mes propos comme pour toute tribune publique.
Ainsi à la critique : "Quelle autorité peut avoir auprès de ses élèves un enseignant accompagnant qui déverse sa vie privée sur la toile?", je répondrais que je n'ai a) aucun problème d'autorité avec mes classes (dois je joindre mon dernier rapport d'inspection?) et que b) je ne déverse pas ma vie sur la toile. Si l'envie s'en fait ressentir, je sais protéger mes écrits d'un mot de passe.
Pour compléter : à lire (transmis par @chrism) http://educationmediainternet.ning.com/profiles/blog/show?id=2416395%3ABlogPost%3A1941&page=1#comment-2416395_Comment_3235 )