Accueil Date de création : 28/08/09 Dernière mise à jour : 29/11/11 14:01 / 80 articles publiés

discussions autour de "Twitter en classe lors des rencontres TICE de l'académie de POitiers  posté le mercredi 21 octobre 2009 22:33

twitter tice élève expérience application histoire ecjs

Présente mercredi aux rencontres TICE de l'académie de Poitiers, j'ai animé un atelier deux fois dans la journée intitulé "utiliser le micro-blogging en classe" : j'y présentais Twitter, mes objectifs pédagogiques, les réalisations et un bilan après deux mois. J'ai repris globalement ce que je décris ici.

L'atelier était sous forme d'échanges plus que conférencier. Première conclusion : Twitter ne laisse pas indifférent. Voici ici la restitution de quelques remarques échangées lors de cet atelier qui me permettent de creuser mon cheminement expérimental.

1) Personne ne pratique Twitter: globalement les enseignants, responsables TICE de l'éduc nationale présents connaissent le terme, voient vaguement de quoi il s'agit et rien de plus. Parmi mes followers sur Twitter, quelqu'un m'a fait la remarque après cette journée Tice: "personne d'autre que moi n'a tweeté sur cette journée". C'est assez significatif. (et pourtant je trouve que c'est une des meilleurs fonctionnalités de twitter: pouvoir retranscrire ponctuellement un événement pour le faire partager à un plus grand nombre)

2) Mais la méconnaissance n'impose pas l'indifférence: bien au contraire. Après une présentation rapide de ce média et le fonctionnement, j'ai énoncé les objectifs pédas d'une telle application en cours.

Ca suscite beaucoup de questions de curiosité dans un premier temps: le média plaît. 

3) Twitter entraîne ensuite beaucoup d'interrogations sur les application avec une classe:

- peu de personnes présentes ont vu un réel intérêt dans la pratique de Twitter en classe. C'est plus perçu comme un "gadget d'enseignant geek" qu'une vraie utilisation pédagogique. Je leur ai montré plusieurs exemples:

-rédiger le plan de synthèse d'une question de géographie en classe: l'élève travaille à son rythme, tweete son plan, je le lis, je fais des remarques= nous communiquons, j'individualise le travail élève et tout ça se déroule dans le silence: les autres élèves continuent à pouvoir se concentrer

(à noter qu'un collègue historien de lycée général m'a répondu que c'était sûrement faisable vu le niveau en LP mais qu'avec son public, pas possible...)

- les élèves tweetent en live leurs commentaires sur les prestations orales de leurs camarades: l'élève est acteur et non pas spectateur ou consommateur de ce qu'on lui propose: il est obligé d'écouter, doit participer en tweetant. L'élève qui a fait une prestation orale peut ensuite lire les commentaires;

-utlisation en dehors du temps de classe avec débats, votes, discussions sur des films, renvois à des liens...etc

Malgré ces applications variées, le public à qui je les ai présentées est resté  septique: je comprends leur réaction. Difficile à expliquer lorsqu'on ne vit pas l'expérience en "interne". Réduire l'expérience Twitter à la lecture du twitter de classe @laderniereannee est incomplet. Je vis au quotidien leurs réactions, leur implication dans ce projet twitter. Difficile à retranscrire à d'autres personnes.
JE sais aussi qu'ils n'ont pas tord: utiliser Twitter en classe reste pour le moment une "anecdote" que je souhaite transformer au fil des mois en une vraie réalité pédagogique. Twitter est, je pense, un média très riche mais avec la particularité qui peut être perçue comme un défaut: le réseau engrangé est long à mettre en place, demande fidélité, régularité, lecture attentive, recherches, retranscription...etc. Ce sont des compétences que je demande à mes élèves: je prends donc les détracteurs de Twitter à contre-courant ! 

4) Twitter plaît beaucoup pour l'éducation aux médias

Là où j'ai fait plus l'unanimité c'est appliquer Twitter en classe pour éduquer les élèves aux qualités, défauts, avantages et dangers du web, des médias et d'un web-média.

Mes élèves utilisent à outrance Facebook sans jamais réfléchir ou imaginer ce que ça implique d'écrire des messages, de poster des photos. Le lien est facile (mais pas réducteur) avec Twitter. Utiliser Twitter en classe permet d'aborder tout ce que ça implique en avantages comme en inconvénients, en opportunités comme en dangers. L'éducation au web et aux médias est là très riche. Tweeter permet un vrai TP au jour le jour. TP en classe et hors classe: de prof à élève et d'élève à élève.

Je me sers aussi de twitter comme je l'ai déjà expliqué dans un post précédent comme explication d'un support médiatique: prendre les exemples d'utilisation de twitter lors du Procès Clearstream ou lors des élections en Iran.

Twitter en classe, c'est faire de l'éducation civique, juridique et sociale (ECJS) en continu. Pour les profs d'histoire-géo, français et ECJS (je cumule le tout!) , il est évident que Tweeter en classe apporte beaucoup d'avantages.

Pour le moment j'explore toutes les applications possibles au jour le jour.

5) Ce qui a beaucoup surpris et sûrement dérangé mon auditoire lors de cet atelier, c'est la liberté qu'impose twitter entre enseignants et élèves: je n'ai effectivement pas la main sur leurs comptes Twitter. Ils sont propriétaires de leur comptes, de leur mots de passe. Cette liberté fait peur, je m'en suis rendue compte lors de l'atelier. La charte d'utilisation qui s'est mise en place entre enseignants et élèves sur ce projet n'a été qu'orale. J'avais prévu de leur en faire rédiger une et par manque de temps ça ne s'est pas fait. Manque de temps mais aussi par une confiance évidente. Comme je l'ai déjà écrit ici et comme je l'ai répété lors de l'atelier, c'est ce groupe classe et l'équipe pédagogique (en particulier l'équipe d'enseignement général) qui a fait naître cette expérience. Je ne l'aurais pas fait aussi facilement avec une autre classe. Ou du moins d'une autre façon, sûrement plus clarifiée dans la charte d'utilisation: j'aurais sûrement pris la main sur leurs comptes et leurs mots de passe. La question ne se pose pas avec ce groupe classe là. Depuis septembre, je n'ai eu à gérer aucun débordement sur Twitter avec eux. Juste à rappeler à une élève que ses déclarations d'amour à l'être aimé n'ont aucune place sur son compte twitter de classe ! La séparation entre vie privée et vie d'élève a été depuis le début évidente pour eux. ils réservent leurs tribulations d'adolescent à Facebook. C'est un avantage mais aussi un frein: j'aimerais que Twitter soit plus horizontal: qu'ils dialoguent entre eux sur des échanges culturels, des questions de cours etc. Ca commence à se mettre en place. Il faudra un temps plus long.

6) L'usage de Twitter en classe peut être multiple, c'est ce que j'ai présenté lors de l'atelier. Ma collègue prof d'anglais (@withalittlehelp) qui tweete avec eux développe un autre projet de twitter en classe avec un autre groupe: une application plus ponctuelle (à suivre ici @tweetinenglish). J'ai expliqué rapidement cette expérience à l'autre classe que je suis sur 3 ans (1ères bac pro logisitique) et ils sont très intéressés pour eux aussi l'utiliser. Ce n'est pas du tout le même profil de classe et je pense le mettre en place avec eux pour justement avoir un autre public, voir autres problèmes qui peuvent se présenter et les applications possibles.

 

 

 

 

partager

Déposez un commentaire !

(facultatif)

(facultatif)

error

Attention, les propos injurieux, racistes, etc. sont interdits sur ce site.
Si une personne porte plainte, nous utiliserons votre adresse internet (38.107.179.222) pour vous identifier.     

Aucun commentaire pour l'article:
discussions autour de "Twitter en classe lors des rencontres TICE de l'académie de POitiers

ouvrir la barre
fermer la barre

Vous devez être connecté pour écrire un message à frompennylane

Vous devez être connecté pour ajouter frompennylane à vos amis

 
Créer un blog